Les Garouste, complot de famille

L’idée d’une rencontre entre les mondes de Gérard Garouste et du facteur Cheval ne sonnait en rien comme une évidence. Elle l’est pourtant devenue à la lecture inopinée d’un ouvrage consacré au peintre, «l’Intranquille, autoportrait d’un fils, d’un fou, d’un peintre».

  • On y rencontre Casso, maçon, tailleur de pierre, bûcheron, coiffeur, artiste qui s’ignore. Il habite un petit village en Bourgogne avec sa femme, Eléonore, qui n’est autre que la tante de Gérard Garouste. Enfant, c’est là que le peintre passe ses vacances. Pour lui, la maison de Casso c’est le paradis de son enfance. «Casso conservait les papiers argentés des paquets de gauloises, pour en tapisser les murs de sa maison. Dans son jardin, les épouvantails étaient élaborés avec de grands mats pourvus de roues de vélo qui tournaient au gré des vents». Casso aurait pu être un Gaston Chaissac, un facteur Cheval.
  • On se confronte à la folie autant qu’aux obsessions de l’artiste. «Le fou parle tout seul. Il voit des signes et des choses que les autres ne voient plus. Je veux peindre ce que l’on ne dit pas. Et si le fou dérange, je veux que le peintre dérape.»
  • On remarque bien sûr un point commun entre ces deux auteurs : la Source. C’est par la Source de Vie que le facteur Cheval a commencé son œuvre. C’est par la Source que Gérard Garouste transmet la sienne.  La Source, c’est le nom donné à son association. C’est aussi comme il le dit, «Le bruit de l’eau à la campagne, la musique des mots anciens que j’aime lire. C’est là où tout commence»

Autre signe fort de la justesse de cette rencontre, les oeuvres d’Elizabeth Garouste. Ses personnages griffonnés au gré de conversations téléphoniques, d’instants perdus, empilés, jamais exposés, sont un jour mis en lumière par Gérard Garouste. Très vite, ses dessins ont pris le chemin des galeries d’art brut.

De toutes ces coïncidences est née l’idée d’une exposition commune, peuplée de personnages de légendes, de mythes et de figures imaginaires. Tout naturellement, les créations extravagantes de David Rochline, frère d’Elizabeth décédé fin 2015, ont trouvé leur place dans cette belle aventure familiale, tout comme celles des enfants de l’association La Source, désormais au cœur de leurs préoccupations artistiques et citoyennes.