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Jean-Michel Othoniel

Le rêve de l’eau

Jean-Michel Othoniel, Projet pour le Palais idéal, 2022
Aquarelle sur le dessin préparatoire de Ferdinand Cheval de 1882
© Jean-Michel Othoniel / Adagp, Paris, 2022

Pour célébrer les 110 ans de sa construction, le Palais idéal du facteur Cheval est heureux d’accueillir l’exposition Le rêve de l’eau, imaginée par l’artiste Jean-Michel Othoniel. Créée spécialement pour ce lieu unique au monde, l’exposition se déploie pour la première fois au cœur de l’œuvre du facteur Cheval et de son jardin.

Inspirée par les dessins préparatoires du facteur Cheval, l’intervention de Jean-Michel Othoniel en appelle au sensible et convoque le merveilleux pour rendre vivant le rêve du facteur Cheval : que le Palais soit animé de jeux d’eau, de fontaines et de cascades.

Dans un dialogue parfait, Jean Michel Othoniel vient créer des œuvres tout autour et à l’intérieur du Palais, s’inspirant des formes conçues par le facteur Cheval. Invité par le Directeur du Palais idéal, Frédéric Legros, Jean-Michel Othoniel relève avec subtilité le défi qui consiste pour la première fois à faire rentrer la création contemporaine dans l’œuvre singulière du facteur Cheval. Entre sculpture, construction et folies, deux univers d’artistes singuliers viennent se rencontrer.

« J’ai hâte de surprendre Ferdinand Cheval, de me perdre à nouveau dans les mystères de l’enfance, dans le monde à part de la jeunesse et dans la joie de savoir vivre et finir ma vie. »

Jean-Michel Othoniel
© Philippe Chancel

Jean-Michel Othoniel et le Palais idéal, une fascination depuis l’enfance

Jean-Michel Othoniel (né à Saint Etienne en 1964) fait partie des artistes les plus célébrés de sa génération, jouissant d’une renommée internationale.

Auteur entre autres du Kiosque des Noctambules à Paris au métro Palais-Royal et des installations au Bosquet du Théâtre d’eau de Versailles, son œuvre s’exprime avec poésie à travers le travail du verre et s’inscrit dans la tradition des maîtres verriers de Murano avec lesquels il collabore, pour créer d’immenses ensembles qui dialoguent avec des jardins et sites patrimoniaux dans le monde entier.
Après le Musée du Louvre, la cathédrale d’Angoulême ou encore le Musée national du Qatar, c’est au Palais idéal du facteur Cheval que Jean-Michel Othoniel vient désormais présenter une création originale pour ce lieu qu’il visitait enfant.

« Nous partions en vacances dans la Drôme avec ma mère, nomades pour une longue période sans mon père qui restait à l’usine. Hauterives était une destination culturelle pour cette jeune institutrice curieuse et son fils. Nous sommes à la fin des années soixante, j’ai six ans. Le château des géants, du sable, des coquillages, de la poussière, du soleil, de la fraîcheur, des grottes, des rires, du silence et se perdre dans le mystérieux de l’enfance. Le bruit des pas sur les graviers, le vertige des belvédères, la peur du labyrinthe, jouer, courir, chercher et se chercher pour comprendre où l’on est et d’où l’on vient, accepter la magie populaire, l’exotisme des livres d’histoires comme seule rêverie.
J’ai hâte de surprendre Ferdinand Cheval, de me perdre à nouveau dans les mystères de l’enfance, dans le monde à part de la jeunesse et dans la joie de savoir vivre et finir ma vie. »


Une intervention artistique globale qui se développe autour de deux éléments principaux, intrinsèquement liés au Palais idéal, l’eau et la lumière

Au Palais idéal, Jean-Michel Othoniel, investit les grottes, niches et détours escarpés qu’il a découverts et parcourus enfant. L’idée de transformation et de sublimation de la matière, l’importance de l’imaginaire mais aussi du processus de réenchantement du réel qui est au cœur de son travail joue harmonieusement avec l’œuvre de Ferdinand Cheval pour construire un parcours enchanteur.

Ainsi, les grottes, les alcôves et les circonvolutions du Palais idéal abritent des joyaux précieux, briques incandescentes, perles géantes et autres trésors imaginés par l’artiste.

Dans ce dialogue intime avec ce « Temple de la Nature » qu’est le Palais idéal, l’artiste fait de l’eau et de la lumière ses matériaux privilégiés et imagine pour la première fois depuis le facteur Cheval des installations de mise en eau qui permettront aux visiteurs de vivre une expérience au plus proche de celle pensée et voulue par Ferdinand Cheval. Fontaines, bassins et sources se réveillent ainsi de leur long sommeil le temps de l’exposition « Le rêve de l’eau ».

Réalisés pour une grande partie la nuit à la lumière des bougies, le Palais idéal a été conçu par le facteur Cheval pour jouer avec la lumière changeante du jour et les déclinaisons des saisons. C’est porté par cette même intention que Jean-Michel Othoniel produit plusieurs œuvres utilisant la lumière et venant interpréter l’histoire du Palais idéal. Ainsi, Ferdinand Cheval accumulait les pierres, mais parfois certaines ne trouvait pas de place dans son Palais. Il les conservait et les plaçait dans ce qu’il a appelait le « Musée Antidéluvien ». Pour la première fois un artiste est invité à intervenir à l’intérieur de ce véritable reliquaire. Derrière les grilles conçues par le facteur Cheval pour protéger son trésor de pierres, Jean-Michel Othoniel place Oracle, sculpture de briques dorées réalisées en Inde, qui évoque autant la construction, le Sacré, le désir d’ailleurs.

Plus loin, pénétrant au cœur du bâtiment, l’artiste conçoit deux sculptures lumineuses qui reprennent la forme de la Pierre d’achoppement qui a donné naissance au Palais idéal. Ici, reproduite en verre et suspendue à des crochets placés par Ferdinand Cheval, sa lumière vient éclairer les plafonds et parois sculptés.

Jean-Michel Othoniel créé également quatre vitraux venant colorer la lumière pénétrant dans la galerie du Palais idéal. Leurs motifs, reprenant les formes communes aux deux artistes, s’inspirent de la nature et sa profusion. Créés spécialement pour le lieu, ils viennent trouver une place idéale sous la phrase inscrite à la main par l’illustre Facteur « Où le songe devient la réalité ».

Jean-Michel Othoniel, Grotta Azzurra, 2017 © Jean-Michel Othoniel / Adagp, Paris, 2022